PORTFOLIO

OBJET ZÉRO

Objet Zéro est un projet qui accompagne la partie écrite de mon mémoire. Cette étude s’intéresse à une pratique de la réparation qui est aujourd'hui sur le point de disparaître. Ma question était de comment revaloriser un produit abandonné, qui a déjà perdu sa/ses fonction/s précédente/s. Pour que l’on commence à prendre soin des objets qui nous entourent, il est important de comprendre leur anatomie. Ce qui m'intéressait donc plus particuliérement c'était les formes qui restent. J'ai démonté une imprimante trouvée à la déchetterie, puis essayé de revaloriser ses différentes parties. Ainsi elles peuvent être réétudiées à l'infini pour retrouver des fonctions nouvelles. Objet Zéro est une étude de l'existant, un modèle de représentation d'un objet industriel où le design peut intervenir comme révélateur de potentiels.

// RESUMÉ MÉMOIRE

Pour approfondir ma recherche j'ai mené onze entretiens semi directifs d’une durée de trente minutes à une heure, au domicile des enquêtés, dans la France et aussi dans mon pays d'origine (Slovaquie), sur la base d’un guide de questions ouvertes. Cette technique m'a permis de reconstituer les pratiques et d’identifier les représentations. Son atout est de pouvoir saisir la manière dont les individus se comportent et de connaître ainsi la diversité des raisons qui les poussent à réparer ou bien jeter les objets. La première partie de ce mémoire traite la réparation d'un point de vue plutôt technique. Elle met en avant les processus qui conduisent à la réparation mais aussi qui la freinent. Pourquoi et comment un objet devient-il défaillant? Pourquoi est-il rejeté plus rapidement qu'auparavant? Elle contient également une partie sur l’histoire de la multiplication des objets dans nos sociétés. Celle-ci peut être un facteur explicatif de l’augmentation et de l'irréparabilité des objets mis dans la situation qui nous intéresse. La deuxième partie définit la notion de réparation et de réparabilité. Elle montre le sens que ces deux notions pourraient prendre dans notre société. Enfin la troisième partie est une analyse de série d'exemples qui peuvent être envisageables pour faciliter ou réintroduire la réparation.

// PRÉFACE

Autrefois, il était fréquent de remettre à neuf les marchandises cassées. Dans un contexte familial traditionnel il y avait les connaissances nécessaires pour réparer certains objets communs. Dans chaque maison se trouvait une machine à coudre ou une boîte contenant quelques aiguilles et fils à coudre. Ce qui n'était pas possible de réparer à la maison, à cause d’un manque d'outils ou de compétences, pouvait être amené à réparer dans les endroits spécialisés. Une structure socio-économique a été construite autour de l'activité de réparation, de tapisserie, de coutellerie et de cordonnerie. De nos jours, la société de réparation s'est modifiée en société de gaspillage. Ce changement affecte aussi bien la façon dont les objets sont conçus que la mentalité du consommateur. Tout cela a progressivement effacé la structure socio-économique précédemment existante. Dans le contexte actuel occidental où le nombre de déchets est grandissant et le nombre d’objets qui nous entourent toujours plus important, il paraît paradoxal que la réparation des objets ne soit plus favorisée.

La relation qui s'opère entre réparateur et objet est identique à celle d'un médecin qui traite son patient. Il faut avant tout être à l'écoute, sensible et patient pour mieux comprendre. C'est un travail de recherche parfois long et laborieux mais qui renforce les liens entretenus avec l'objet. C'est une marque de reconnaissance et une façon de s'approprier davantage un objet. J'ai grandi dans un pays sortant de longues années de socialisme où la production était durant longtemps auto-suffisante et où l'importation des pays occidentaux était très restreinte. La société n'était pas concentrée sur l'acte d'achat, mais sur le « manque » de produits. Le choix n'était pas comparable à celui des pays de l'ouest, mais les produits duraient plus longtemps. Un des symboles les plus caractéristique de cette époque est la voiture Skoda 100 que l’on peut voir encore aujourd'hui sur les routes. Beaucoup de jeunes de cette génération s'amusent encore à la réparer en lui donnant une nouvelle vie. Ces voitures encore fonctionnelles ne sont pas une exception. Les machines à laver Tatramat ou les téléviseurs Tesla n'avaient certainement pas autant de fonctionnalités que les appareils d'aujourd'hui, mais ils peuvent être toujours retrouvés dans les magasins d'occasion.

Dans ma famille on gardait tout ; tout semblait avoir une potentialité. Chaque objet conservé pouvait parfaitement retrouver sa fonctionnalité. Nous n'avons jamais racheté de nouveaux produits tant qu'il y avait le moyen de les réparer. Mon grand-père était un grand bricoleur, sa passion était de fabriquer les violons, donc on avait tous les outils nécessaires à la maison. N'ayant pas les moyens ou l'accès pour tout acheter, il a souvent construit les objets par lui-même. C'est aussi le cas de notre première télévision que mon oncle a fabriqué. Chaque objet avait donc une valeur importante et très personnelle. J'ai pris très tôt le plaisir à réparer ce qui ne fonctionnait plus ou à créer les objets que je ne pouvais pas posséder. Cette expérience allait au-delà d'une simple remise en état fonctionnel de l'objet. C'était une véritable passion et soif de connaissances que mon grand-père m'a transmis. Réanimer un objet m'a à chaque fois apporté un sentiment de fierté et de maîtrise. C'est aussi une des raisons pour lesquelles j'ai décidé de poursuivre mes études en design. En parallèle, j'ai souvent travaillé avec les artisanaux, ce qui m'a permis une meilleure compréhension des mécanismes qui animent les objets. En même temps, je suis très intéressée par l'évolution technologique. Bien qu'attirée par la nouveauté, je préfère la plupart du temps conserver que de jeter des objets qui ne fonctionnent plus. Pour autant, il faut avouer, qu'il est de plus en plus difficile de réparer ou de faire réparer les objets. Et lorsque cela s'avère encore possible, il n'est pas évident que ce soit la solution la plus économe en temps et en argent.

La réflexion sur les différences entre la culture de produits durables et réparables dans laquelle je grandissais et celle de surconsommation où je vis aujourd'hui m'a mené à m'intéresser à la notion de la réparabilité. Cette recherche est donc d'une part l'étude des différentes raisons qui favorisent le remplacement à la réparation et de l'autre côté l'analyse des moyens possibles pour retrouver son importance.

AUTRES

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Maquettes pour une application mobile, design du produit I projet de stage.

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Logo, maquettes du site internet, identité visuelle I boutique de bijoux.

Pionierka

Design des produits, illustrations graphiques, logo I projet personnel.